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Dramagazine   

Festival de Quyi, à la rencontre d'une autre culture

Nakamaruluna | Publié lun 27 Aoû - 16:30

Photos réalisées par Nakamaruluna

Depuis 2008, l’art traditionnel Chinois est présenté chaque année en France au festival de Quyi. Cette année exceptionnellement, le festival s’est déroulé à Aix-en-Provence (A l’université d’Aix-Marseille) et à Nancy.

Le Quyi est un art traditionnel chinois de déclamation et de chant qui inclut cinq genres aux contenus variés, transmis depuis plus de 2000 ans.
Le festival propose une rencontre unique avec des artistes chinois, mais aussi des personnalités venues exceptionnellement dans le but de faire connaître davantage le divertissement chinois.


Cette année, le festival mettait à l’honneur des pièces musicales du Shandong, des chants et narrations du Henan, des rimes et tambours de la capitale. Il était présenté par Jiang Kun et Dai Zhicheng, de célèbres comédiens qui nous ont notamment fait partager un sketch (que malheureusement seuls les sino-phones ont pu comprendre).

Chaque prestation (hormis le sketch) avait pour but de nous faire découvrir une histoire en lien avec les traditions et la culture chinoises. Bien que les histoires étaient contées en chinois, nous avions eu la chance de voir la traduction au-dessus des caractères.
Voici ici les histoires pour chaque prestation ainsi qu’un très court extrait de 10 secondes :

 

Le Qinshu de Shandong « Liang et Zhu Descendent de la Montagne »

▪ Par Luo Xiaojing et Ma Yelei


Le Qinshu chinois en un style de Quyi traditionnel et originaire de la région de Shandong. Il est généralement connu sous le nom de « tympanon du Shandong ». La pièce est racontée dans le dialecte de la région et accompagnée d’une mélodie riche qui diffère selon l’intrigue.
Cette pièce conte l’histoire de Liang et Zhu. Ils sont camarades de classe, mais malgré leurs trois années d’étude passées ensemble, Liang n’a jamais remarqué que Zhu était en réalité une femme sous les traits d’un homme. Alors que Liang raccompagne Zhu dans son pays natal, Zhu lui avoue ses sentiments, mais Liang, ne sachant pas qu’elle est une femme, n’en croit pas un mot.


 

Le Tanci de Suzhou « Le Serpent Blanc ▪ Admirer la lune de la Mi- Automne »

▪ Par Lu Jiawei & XieYan
Le Tanci ou « Petit Livre » provient de la région de Suzhou dans le Jiangsu en Chine. Il combine à la fois proses et rimes. Il est chanté et parlé. Il se base sur une narration qui est importante. Les acteurs sont accompagnés d’un Sanxian, un instrument à trois cordes et d’un pipa, une guitare chinoise à quatre cordes.
Cette scène raconte l’histoire du Serpent Blanc (Bai Suzhen) et de Xu Xian qui décident ensemble de prendre un canot afin de naviguer sur le lac lors de la fête de la mi- automne afin d’admirer la lune et de se déclarer leur amour.

Er Ren Tai « La Vieille Femme Wang Admire les Lanternes »

▪ Wang Zhanxin
Er Rai Tai est à la base un duo comique de chant et de danse, populaire dans les régions de Nei Monggu, Shanxi, Shaanxi et Hebei. Son nom provient d’un spectacle généralement interprété par un homme en bouffon, et une femme. Cette fois-ci ce fut un homme jouant le rôle d’une vieille femme durant la fête des lanternes.
La vieille femme Wang, bonne et travailleuse, pleine d’humour et habile à s’exprimer, va dans la rue pour regarder et admirer les lanternes. Cette scène exprime l’engouement des gens ordinaires pour une belle vie harmonieuse en société.


 

Le Zhuizi de Henan « Visite du Lac de l’Ouest et l’Emprunt d’un Parapluie »

▪ Par Li Yupin, accompagné de Shan Lina
Le Zhuizi existe depuis une centaine d’années. Il se compose de trois types de musique, le sanxianshu (chant accompagné d’un instrument à trois cordes), le yingeliu (chant rythmé) et le diaquig (sorte de balade a thème). Les interprètes du Henan Zhuizi sont principalement des femmes à la voix fraîche et mélodieuse.
Cette histoire est la préquelle du Tanci (voir plus haut). Elle raconte la rencontre entre Xu Xian et le Serpent Blanc, au bord du lac de l’Ouest, et la manière dont ils sont tombés amoureux l’un de l’autre.


 

La Ballade avec Tambour de Wenzhou « Meurtre dans un temple »

▪ Par Chen Chunlan


Très en vogue à Wenzhou et dans les régions voisines, cet art traditionnel a pour but principal de chanter leurs odes dans le dialecte de Wenshou. Leur voix et leurs mélodies sont empreintes du folklore du sud de la Chine.
Cette histoire est celle d’un homme, Chen Shimei, qui, sous la dynastie des Song du Nord, part à la capitale pour passer les examens de mandarinat. Lauréat du premier prix, il épouse la fille de l’empereur. Seul bémol, il a déjà une femme, restée bien sagement à l’attendre. Mais sans nouvelle de son mari, elle part, avec ses deux enfants, à la capitale afin de le retrouver. Elle arrive à entrer dans le palais, mais y est finalement chassée. Elle se réfugia dans un temple où Han Qi, un soldat de la garde royal, viendra pour la tuer, elle et ses deux enfants, sous l’ordre de Chen Shimei. La femme lui raconte alors son histoire et ému par son sort, Han Qi décide de les laisser partir.


Le tambour avec Plaques en Bois de Canzhou « Jia Baoyu en Visite Nocturne au Pavillon Xiaoxiang »

▪Par Miao Shiqin, accompagné de Liu Yingfen


Art traditionnel de la région du Hebei paru à la fin des Ming – début des Qing. C’est un art chanté racontant les exploits des héros, la souffrance du peuple ou encore décrivant des événements historiques.


L’extrait « Jia Baoyu en Visite Nocturne au Pavillon Xiaoxiang » est tiré de « Rêve dans le Pavillon Rouge », un des quatre romans chinois les plus célèbres. Il raconte l’histoire de Jia Baoyu et de Lin Daiyu sa cousine, une jeune femme intelligente, mais fragile de santé. Un soir Jia Baoyu apprend que Lin Daiyu est malade et décide de lui rendre visite. Tous deux tombent fou d’amour l’un pour l’autre, mais leur mariage est impossible car Jia est déjà promis à sa cousine maternelle Xue Baochai. Inconsolable, Lin Daiyu finit par mourir.

 

Le tambour de Pékin « Des Clochettes Tintinnabulent au Pavillon Jaune »

▪ Par Feng Xinrui, accompagné de Yue Changle


Il s’agit d’un poème lyrique à la fois triste et émouvant. Il est généralement plus connu sous le nom ancien de « Souvenir de la concubine impériale Yang ».
L’histoire se déroule après le suicide de la concubine impériale Yang. Tang Xuanzong est en expédition militaire vers la région de Shu et s’arrête au pavillon Jiange pour y passer la nuit. Il pleut fortement, mais malgré ça, Tang Xuanzong entend les clochettes tintinnabuler. Sa concubine lui manque tellement, qu’il passera une nuit blanche.

 

 

 

Les présentations se sont terminées avec un sketch, sorte de stand up avec deux grands comédiens : Jiang Kun & Dai Zhicheng. Le Xiangsheng « Il y a de l’amusement en soi » joue sur le sarcasme, la dérision, le chant et l’imitation. Celui-ci dépeint le bon sens des situations de la vie à travers fantaisies et petites histoires de la vie quotidienne.

 

 

 

Pour clôturer le festival, nous avons eu le droit à une remise de certificats au professeur de chinois de la faculté d’Aix-Marseille ainsi qu’à une photo de groupe avec tous les artistes.

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